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Vendredi 25 Mars 11h

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Dr Olivier CUVILLIER
(INSERM U466, CHU Rangueil)

" La sphingosine kinase : une nouvelle cible thérapeutique dans le cancer "

En l’espace d’une décennie, les métabolites sphingolipidiques ont émergé comme les représentants d’une nouvelle classe de messagers lipidiques jouant un rôle important dans la régulation de processus biologiques fondamentaux. Dans la famille des sphingolipides, le céramide et la sphingosine 1-phosphate ont plus particulièrement attiré l’attention de part leur implication dans le cancer. Le céramide fonctionne comme un “suppresseur” de tumeur, induisant des réponses antiprolifératives et proapoptotiques dans une grande variété de cellules cancéreuses. A l’opposé, la sphingosine 1-phosphate favorise la survie cellulaire en réponse aux stress associés à la production de céramide, et ceci in vitro, ex vivo et in vivo. Les effets opposés de ces deux sphingolipides nous ont conduit à introduire le concept selon lequel la balance dynamique entre les taux de céramide et de sphingosine 1-phosphate - ainsi que leurs effets antagonistes sur diverses voies de signalisation régulant l’apoptose représente un facteur déterminant pour le devenir de la cellule. Un des acteurs majeurs contrôlant cette balance est la sphingosine kinase, l’enzyme qui phosphoryle la sphingosine (le catabolite immédiat du céramide) en sphingosine 1-phosphate.
Nos récents résultats établissent que la balance sphingolipidique contrôlée par la sphingosine kinase est altérée in vitro et in vivo dans diverses tumeurs chimiosensibles en réponse aux agents chimiothérapeutiques, contrairement aux lignées chimiorésistantes. L'utilisation d'inhibiteurs pharmacologiques de la sphingosine kinase permet de restaurer l'apoptose même dans des lignées possédant un phénotype MDR. A contrario, la surexpression de la sphingosine kinase - en altérant la balance sphingolipidique en faveur de la sphingosine 1-phosphate au détriment du céramide - induit la résistance aux traitements à la fois in vitro et in vivo.
Ainsi, compte-tenu des effets antagonistes du céramide et de la sphingosine 1-phosphate, la manipulation du biostat sphingolipidique ouvre de grandes perspectives pharmacologiques notamment dans la restauration ou la sensibilisation à l’apoptose pour des cancers résistants aux traitements conventionnels.
 

Contact : Jean Philippe Girard

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