Virginie Stévenin lauréate d’un financement ATIP-Avenir pour étudier comment les bactéries intracellulaires se nourrissent dans les cellules humaines

Virginie Stévenin a obtenu un financement ATIP-Avenir, qui permettra de soutenir pendant cinq ans les recherches de son équipe, Dynamique des Infections Cellulaires, à l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale (IPBS, CNRS/Université de Toulouse). Ce programme très compétitif lui permettra de développer un projet de recherche ambitieux consacré aux infections bactériennes intracellulaires.

Virginie Stévenin a obtenu son doctorat à l’Université Paris Diderot, au sein du laboratoire de Jost Enninga à l’Institut Pasteur, où elle a étudié les mécanismes cellulaires impliqués dans l’invasion et le trafic intracellulaire de Salmonella. Elle a ensuite rejoint le laboratoire de Jacques Neefjes au Leiden University Medical Center, aux Pays-Bas, où elle a renforcé son expertise dans les interactions hôte-pathogène, l’imagerie cellulaire, le trafic membranaire intracellulaire et la manipulation des voies cellulaires par les bactéries pathogènes. Ses travaux ont contribué à des avancées importantes dans la compréhension de la manière dont Salmonella établit sa niche intracellulaire et remodèle les cellules infectées, avec des publications dans des revues telles que Cell Reports, Nature Protocols, Cell Chemical Biology, Cell Reports Medicine et Nature Reviews Cancer. Elle a également obtenu plusieurs financements compétitifs, dont une bourse VENI du Conseil néerlandais de la recherche et un financement FRM d’amorçage de jeunes équipes.

Certaines bactéries pathogènes, comme Salmonella, sont capables de pénétrer dans les cellules humaines et de s’y multiplier à l’intérieur d’un compartiment membranaire appelé vacuole. Loin d’être une structure passive, cette vacuole est activement remodelée par la bactérie, ce qui lui permet d’échapper aux défenses immunitaires et de créer une niche protégée. Pour survivre et proliférer dans cet environnement confiné, Salmonella doit toutefois accéder aux nutriments fournis par la cellule hôte — un processus dont les mécanismes restent encore largement méconnus.
Le projet ATIP-Avenir de Virginie Stévenin vise à comprendre comment Salmonella détourne les protéines de transport de la cellule hôte afin d’acheminer des nutriments vers la vacuole bactérienne et de soutenir sa multiplication intracellulaire. Son équipe cherchera à identifier les nutriments ainsi délivrés à la vacuole, à décrypter la manière dont les voies de transport de la cellule hôte sont redirigées au cours de l’infection, et à démontrer en quoi ce processus est indispensable à la croissance de la bactérie à l’intérieur des cellules humaines.
Salmonella est responsable d’infections intestinales parfois sévères, et les salmonelles résistantes aux antibiotiques sont classées par l’Organisation mondiale de la santé parmi les bactéries pathogènes prioritaires. La stratégie de réplication au sein d’une vacuole est également partagée par d’autres pathogènes intracellulaires majeurs, notamment Mycobacterium tuberculosis, responsable de la tuberculose, et Chlamydia trachomatis, responsable d’infections sexuellement transmissibles. En révélant comment les bactéries intracellulaires obtiennent les nutriments dont elles ont besoin à partir des cellules hôtes, ces recherches apporteront un nouvel éclairage sur un aspect fondamental de la biologie des infections et pourraient ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques visant à priver les pathogènes de leurs ressources au sein même des cellules infectées.

Conçu dans le cadre d’un partenariat entre l’Inserm et le CNRS, le programme ATIP-Avenir permet chaque année à une vingtaine de jeunes chercheurs de constituer leur propre équipe de recherche dans les domaines des sciences de la vie et de la santé. Ce programme a déjà bénéficié à plus de 400 scientifiques prometteurs. Respectivement créés en 1990 et 2000, puis fusionnés en 2009, les programmes ATIP (Action thématique incitative sur programme) de l’Institut des sciences biologiques du CNRS et Avenir de l’Inserm aident à de jeunes chercheurs à constituer une équipe autonome dans les domaines des sciences de la vie et de la santé. Ce programme vise en outre à promouvoir la mobilité des chercheurs et à attirer de jeunes talents dans les laboratoires français.

Virginie Stévenin lauréate d’un financement ATIP-Avenir pour étudier comment les bactéries intracellulaires se nourrissent dans les cellules humaines